Nos premiers pas vers la Camif

16 juin 2009 by Emery

premierspas

Alors que nous avions passé plusieurs mois à travailler avec les équipes de la Camif pour la sous-traitance du rayon literie, le jeudi 23 octobre 2008, j’apprends par la presse la déclaration de cessation de paiement de la Camif, deux jours après l’annonce d’un plan social à La Redoute.

Quelque peu inquiet sur la pérennité de notre contrat, je tente d’avoir des nouvelles de mes interlocuteurs, sans succès… Malheureusement, nos craintes se confirment avec la brutale mise en liquidation de la Camif le 27 octobre. Même si nous savions depuis quelques temps que la société connaissait des difficultés, nous étions loin d’imaginer une fin aussi rapide.

Après quelques jours pour digérer une telle nouvelle, je convoque Christophe (notre directeur opérationnel) et Jérôme (notre directeur logistique) le lundi 3 novembre au matin dans mon bureau.

Je leur fais part de mes réflexions sur le sujet :
• Camif était le 3ème VPCiste français et a souffert, comme les deux premiers, de la difficulté de migrer d’un modèle où toute l’organisation (des systèmes d’informations aux hommes) était concentrée sur la sortie d’un ou deux gros catalogues par an, vers un modèle e-commerce (où les offres sont actualisées tous les jours). Or, quand j’ai créé Matelsom en 1995, il n’y avait déjà plus aucun VPCiste américain qui envoyait un aussi gros catalogue, très coûteux à produire et pas très écologique à distribuer. De plus, Matelsom possède cette culture e-commerce, l’internet représentant plus de 80% de nos commandes.
• Camif avait opéré un recentrage sur l’équipement de la maison, domaine que l’on connaît bien avec Matelsom et Meubles.com, pour partager près de 50% de fournisseurs en commun : cette stratégie (qui permettait de recentrer la Camif sur ses domaines historiquement fort, notamment comparativement au deux plus gros VPCistes) était la bonne, même si elle a été menée trop rapidement, ce qui lui a valu de perdre 110M€ de chiffre d’affaires entre 2007 et 2008… Pas évident dans le même temps de réduire ses coûts aussi vite.
• Camif était le 1er VPCiste français en matière de vente de literie (devant La Redoute et les 3 Suisses), ce qui faisait de nous un acteur très légitime pour s’intéresser au dossier.
• Camif était une institution, avec une marque bénéficiant d’un très bon taux de notoriété et des clients très fidèles. J’étais persuadé qu’une nouvelle voie était possible, surtout si l’on n’avait pas de lourdes restructurations que je me sentais totalement incapable de mener, et si l’on pouvait repartir de zéro, à partir d’une structure agile, comme Matelsom.
• Camif avait accumulé les erreurs de positionnement depuis plusieurs années, en copiant les codes de la grande distribution et des deux leaders de la VPC, alors qu’il avait une totale légitimité pour jouer une carte d’outsider et que ses clients historiques préféraient des prix justes pour des produits de qualité à de grosses remises vides de sens, surtout pour un modèle coopératif.

Bref, je leur fais part de ma volonté de s’intéresser au dossier et leur demande aussitôt de réfléchir à comment une société comme Matelsom, de taille dix fois inférieure à la Camif pourrait relancer la Camif, conscient de deux enjeux majeurs que nous devrions surmonter : arriver à trouver une solution aux enjeux sociaux locaux (juste a Niort, 568 personnes ont perdu leur emploi suite à la chute de Camif Particuliers) et trouver une solution économiquement viable et gérable pour relancer la Camif, autour d’un modèle dont la colonne vertébrale serait l’internet (migrer d’un modèle catalogue à un modèle e-commerce) et où il nous faudrait convaincre les clients historiques de passer d’un modèle coopératif à un modèle basé sur une communauté de valeurs (qui nous semblent etre les valeurs fondatrices d’Edmond Proust, créateur de la MAIF et de la Camif en 1947), à savoir celle de l’économie solidaire et du développement durable.

Rendez-vous deux jours plus tard pour partager nos points de vue.

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13 réponses pour “Nos premiers pas vers la Camif”

  1. A qui faut-il ressembler pour redevenir soi-même ? Sans La Crainte, les 3 Helvètes, ou autre est-il si difficile de démarrer ?

  2. « Camif avait accumulé les erreurs de positionnement depuis plusieurs années, en copiant les codes de la grande distribution et des deux leaders de la VPC, alors qu’il avait une totale légitimité pour jouer une carte d’outsider et que ses clients historiques préféraient des prix justes pour des produits de qualité à de grosses remises vides de sens, surtout pour un modèle coopératif. »
    Ce n’est pas faute d’avoir été avertis par les sociétaires devenue de simples clients, exaspéré par cette politique stupide.
    Sinon, votre démarche de reprise est d’une discrétion….. Je viens par hasard de découvrir que Matelson reprenait le nom Camif. Vous n’avez pas accés au fichier pour nous informé ?

  3. bonjour,
    tombé par « hasard » sur le nouveau site de la Camif, mais pourquoi donc oublier la publicité ? les médias se sont empressés d’annoncer la chute, mais rien sur la reprise par Matelson….et rien sur la ré ouverture du site début juillet… pauvre France, on marche sur la tête , en sachant que, comme vous le dites si bien, des emplois en nombres importants ont été perdu, des fournisseurs oubliés, des clients sur la touche, et rien d’annoncé pour la renaissance !
    N’avez vous pas gardé (comme le suggère l’internaute plus haut) vos listes de clientèle papier (avant l’internet) pour au moins faire une annonce par courrier ?
    merci de la réponse, bonne reprise, et surtout, longue vie à « Camif.fr »

  4. @Jean-François et thollet : En effet, nous avons pour l’instant redémarré le site internet (depuis le 1er juillet) sans diffuser largement l’information dans les médias. Il faut savoir que nous avons repris l’activité de 0, et avons donc ménagé une phase de rodage, notamment du site internet, afin de régler les éventuels bugs. Par ailleurs, nous avons reconstruit notre offre en réactivant les partenariats avec les fournisseurs de l’ancienne Camif, ce qui a pris plusieurs mois. Enfin, les données dont nous disposons à propos des anciens clients n’étant pas systématiquement à jour, il nous faut également du temps pour réactualiser le fichier. Nous informerons les anciens clients et lancerons une publicité plus massive dans le courant de l’automne.

  5. bonjour, heureux de découvrir que CAMIF redemarre… exixte toujours…C’est vrai que j’ai decouvert par hasard le site quelle ne fut ma surprise.. Bon.. nous sommes interessés par un salon mais y a t il toujours les magasins expo dans le sud??? à très bientôt.. geo et dany

  6. Le 6 Octobre 2009 18 H11
    Bonsoir,
    Votre message m’a vraiment étonné et je suis très heureuse que Camif redemarre bravo ! pour la qualité aussi A bientôt j’espère Eliane

  7. Ah, ben en voilà une nouvelle qu’elle est bonne!
    Surtout, ne copiez pas « La Crainte » et « Les 3 Helvètes », (comme dit marc Vanni), soyez vous-mêmes: exigeants et rigoureux. On veut des produits de qualité, au prix…juste, sans remises vides de sens ni cadeaux ridicules!
    Longue et belle vie à Camif… et à ses sociétaires… (ni « clients », ni « actionnaires »)
    Sylvie

  8. Bonjour,

    Bien déçue de la disparition de la Camif, c’est avec grand intérêt que j’ai découvert votre mail de ce matin.Quelle surprise et c’est tant mieux ! Bon courage à tous et félicitations.

    Cordialement

  9. Bonjour

    c’est une bonne idée de reprendre cette marque, à laquelle j’ai été fidèle en tant que sociétaire depuis plus de 30 ans. Ce qui me manque sur le marché et que vous pourriez combler:
    1) des meubles de qualité, esthétiques, d’un rapport qualité/prix très étudié, effectivement respectueux de critères éthiques: respect de la main d’oeuvre, respect de l’environnement
    2) Des garanties longues
    3) Une certitude: si c’est sélectionné par la marque camif, alors c’est de qualité.

    Bon courage, et surtout ne tombez pas dans le panneau des remises à gogo, privilégiez le juste prix, vérifiable, et la qualité de la relation conseils et service après vente.

  10. J’ai été agréablement surpris par votre mail et je suis très content que la CAMIF reprenne son activité je vous souhaite beaucoup de courage à tous et à bientôt

  11. Quel bonheur de retrouver la CAMIF ! C’est vraiment une bonne nouvelle. Sociétaire depuis de nombreuses années, je ne pouvais pas imaginer que la CAMIF et l’esprit CAMIF disparaissent comme cela. Au fil du temps, elle était devenue une véritable institution. La revoilà, enfin !!!!
    Bon courage à tous et à bientôt.

    Camifistement Vôtre et pour longtemps

  12. grande surprise en lisant ce mail et …grande méfiance. J’avoue ne pas trop m’y retrouver ds les méandres de la faillite de la camif, mais qui sont les responsables qui ordonnaient d’engranger un max de commandes qq jours avant la faillite officielle,grace à de soi-disant rabais, sachant déja que ces commandes ne seraient pas honorées? Cela a pour moi durablement entaché le nom de la camif, dont j’étais cliente, si je puis dire, de père en fille depuis des années, et à laquelle je ne suis pas prête d’accorder de nouveau ma confiance !

  13. l’intêret de la Camif, il y a très très longtemps était dans la qualité des produits – et de leur présentation: descriptifs très complets – moins dans le prix, seulement justifiable par les garanties apportées, solidité (tests), provenance certifiée, démarche « durable et équitable ». Nous avons rarement eu les moyens d’acheter Camif, mais ne l’avons jamais regretté. Puis est venu le « système 3 S… » avec l’inondation de la boîte aux lettres de remises sur des prix visiblement excessifs au départ et nous n’avons plus jamais commandé. Quelques tentatives sur le net ont échoué: mon numéro client n’était même pas reconnu!
    J’étudierai vos offres si elles correspondent à l’esprit de départ de la Camif, mais je ne perds pas de vue que la « Camif » nouvelle formule n’est plus qu’une entreprise commerciale, tentant de surfer sur le lien privilégié et le coefficient de sympathie développé avec les actionnaires autrefois, avant que la CAMIF ne singe les vendeurs de vent.

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